Artiste professionnel : citoyen à part entière ?
- Diaspo’ART
- 19 déc. 2025
- 3 min de lecture
Ce matin après l'annonce du vote contre du sénat pour considérer que l'artiste est un professionnel, comme tou.tes cell.eux qui travaillent, j'ai lu "A quoi tout cela sert" ?
C'est cette question existentielle qui donne du sens à la création. Le secret de l'existence ...
A quoi bon se battre encore pour ne pas être ce qu'on attend d'ell.eux, ce que l'on veut d'ell.eux ? Public, institutions, proches. On l'entend depuis toujours : "artiste , ce n'est pas un métier !"
Pourtant depuis des années, comme les travailleur.euses du sexe, les artistes paient taxes et impôts sur leurs activités. Iels participent à la solidarité via une fiscalité dans laquelle ne se trouvent finalement que des devoirs et pour quelques élu.es, des subventions, grand principe de méritocratie dans le meilleur des cas...
Il est dit que c'est dans la souffrance que la création trouve sa magnificence. On aime l'artiste tourmenté ; l'image leurs colle à la peau à tel point que parfois iles en jouent. Mais souvent sa véritable condition le tourmente. Combien ont pu déconstruitre cela pour créer dans la joie plutôt que dans la colère, la solitude, l'incompréhension et/ou la tristesse ?
Sue les épaules des acteur.ices de l'art des pays non occidentaux ou assimilés pèsent une lourde responsabilité qui dépasse la création subissant déjà censure poussive des temps obscures et marketing des grands rendez-vous élitistes. : Changer la donne, inventer un nouveau modèle, ouvrir ce stérile monde et marché de l'art à leurs invisibilités pour elle.eux même, en nom propre et non plus en inspiration, parfois assimilation et vol culturel. Il n'est pas question ici de partage et échanges consentis et nourrissants comme vous l'aurez compris.
Après avoir laissé à l'autre prendre les places des chaises musicales, comment contraindre celui qui dirige la musique à les laisser prendre place sur un trône sans devoir prendre de force la direction de l'orchestre ?
FAut-il un coup d'état ou un coup d'éclat ?
Doivent-ils, elles envahir à leur tour pour donner la voix, voie, sens ? Quel sens ?
Ils luttent et créer, quand d'autres ne luttent plus que dans l'espace social, juste pour être.
Alors oui éthiquement l'artiste est un être social comme les autres, poussé à être professionnel, à payer sa dîme, son dû. Cette décision légale ajustait la balance avec peu d'élu.es super star , assurant la dignité sociale et une diminution de la précarité majoritaire.
Mais la société les voit ils et elles comme cela ? Est-ce que la société comprend qu'au même titre que les agriculteur.ices , iels nous nourrissent ? Faut-il faire un "Amour est dans l'Art" ?
Est-ce la rédaction du texte de loi qui a posé problème à cette instance, une invective politique ou dans un monde d'image fantasme, la société reste-t-elle sur celle de l'oreille coupée et du suicide, des excès et de la "folie" comme socle de la création ? Artiste serait toujours "fou et folle" du roi et marginal.e ?
Alors merci mesdames et messieurs sénateur.ices d'avoir voté contre cette demande qui mérite bien plus d'ambition. A vous qui défendez ardemment la liberté d'expression de nos pays "civilisés", ce que méritent ces fous et folles, qui cherchent encore du sens dans l'essence par les sens, est un salaire universel.
Prenons ce pari, quand nous savons qu'un monde libre soutient la création, d'ouvrir une nouvelle ère où elle ne prendra plus racine dans la souffrance individuelle, dans une précarité qui induit l'indignité.
Emboîtons le pas de la superbe ambition de finalement déconstruire un monde, un mode épuisé et épuisant.





On accepte que l’artiste paie, contribue, produise du sens, du lien, de l’imaginaire… mais on rechigne à lui assurer une continuité d’existence.😥😥😥